Programme de gestion des gaz
à effet de serre de Zone Côtière Canada
2008
Conformément à l’objectif de réduire
au maximum l’empreinte écologique de cette conférence,
un programme de gestion des gaz à effet de serre a
été élaboré pour aider les délégués
à réduire les émissions produites par
leur déplacement à la conférence. Le
programme est d’une pertinence particulière pour
ceux qui viendront à Vancouver en avion. Vous trouverez
de plus amples renseignements sur le programme ci-dessous.
Pour participer en faisant un don, cliquez ici.
Qu’est-ce qu’une approche axée sur la
gestion des gaz à effet de serre?
La gestion des gaz à effet de serre est un concept
général qui compte de nombreux volets parmi
lesquels aussi la réduction de la dépendance
aux combustibles fossiles par voie de changements et de progrès
technologiques (énergies alternatives, combustibles
qui émettent peu ou pas de gaz d’origine fossile,
progrès en efficacité énergétique,
et ainsi de suite). Cette conférence cible un volet
en particulier notamment la protection et la conservation
des capacités de stockage de carbone des écosystèmes.
Cette approche reconnaît que les écosystèmes,
en particulier les forêts littorales et les systèmes
côtiers de zostère marine, constituent des puits
de carbone importants qui sont maintenus par la séquestration
(le piégeage du gaz carbonique dans l’atmosphère)
et le stockage (le captage du gaz carbonique dans des matières
organiques et les racines). Ces écosystèmes
entre autres atténuent les effets des émissions
de gaz à effet de serre. Ceci étant, ZCC 2008
offre aux délégués le choix d’investir
volontairement dans ces écosystèmes importants
de la Colombie-Britannique afin de compenser les quantités
de gaz carbonique produites par leur déplacement.
Quels sont les chiffres?
Les recherches depuis deux décennies ont calculé
la quantité de carbone présente dans divers
écosystèmes forestiers intacts. Les écosystèmes
forestiers de la Colombie-Britannique comptent des puits de
carbone parmi les plus importants du Canada, 311 tonnes C/ha
en moyenne, tandis que les forêts littorales comptent
entre 600 et 1300 tonnes C/ha. Même si c’est un
fait connu que les forêts vieillissantes ne poussent
pas aussi vite et absorbent donc moins de carbone par an,
l’absorption des gaz par ces écosystèmes
intacts pourrait être considérable puisque de
vastes quantités de carbone s’accumulent dans
le sol sous le couvert forestier. Une étude des forêts
tempérées anciennes de douglas verts juste au
sud de Vancouver a constaté un puits de carbone annuel
(taux de séquestration) d’entre 0.2 et 2.2 tonnes
C/ha par an. Ces taux de piégeage seraient très
variables et dépendraient des conditions locales et
régionales du site.
Les plantes aquatiques enracinées poussent dans les
faibles profondeurs de vastes étendues d’eau
douce et de systèmes côtiers à travers
le monde. Ces systèmes démontrent une très
grande productivité et accueillent une grande diversité
de ressources aquatiques. Les taux de productivité
primaire nets par an pour l’ensemble des marais littoraux
d’eau douce, marais salants, mangroves et prairies de
zostères varient entre 300 et 1000 gC/m2 ce qui donne
entre 3 et 10 tonnes C/ha par an de gaz captés dans
des matières organiques dans le monde entier et constitue
une fonction de séquestration importante.
La zostère marine est une parmi environ 50 espèces
de zostère. La Zostera marina, l’espèce
indigène du Canada, pousse dans de nombreuses régions
de l’hémisphère nord. Les zostères
sont normalement submergées la plupart du temps et
poussent en bordure de tous les littoraux du monde. Elles
sont parmi les principaux producteurs primaires et forment
un habitat essentiel pour les poissons, les invertébrés
et les oiseaux.
Les recherches ont établi que les marais littoraux
et les systèmes de zostère peuvent, une fois
restaurés, accumuler le carbone dans le sol. Ce carbone
est stocké pendant de longues périodes. Le taux
de séquestration paraît rapide pendant les quarante
premières années qui suivent la restauration.
De plus, les dépôts détritiques des zostères
montrent que l’exportation de biomasses de zostères
vers les zones profondes des estuaires et dans les régions
marines côtières peut capter encore plus de carbone.
En termes de puits de carbone, les systèmes de zostères
au large de la côte nord-ouest de l’Amérique
du Nord peuvent stocker 3.4 tonnes C/ha d’après
les estimations. Vu la nature sédimentaire de beaucoup
des milieux occupés par les zostères, cette
plante et le carbone contenu dans les sédiments peuvent
rester liés pour de longues périodes (dans certains
cas pendant des centaines d’années). Une étude
dans cette région a évalué le taux annuel
de séquestration pour un écosystème intact
de zostères (Z. marina) à 2.8 tonnes C/ha par
an par. D’autres études ailleurs ont évalué
les quantités entre 0.66 et 4.98 tonnes C/ha par an.
Investir dans la gestion des gaz à effet de serre
En offrant cette opportunité d’investir dans
les projets de gestion des gaz à effets de serre, l’Association
Zone Côtière Canada a désigné deux
organisations pour recevoir ces fonds. Il s’agit de
la Land Trust Alliance of British-Columbia (LTABC) et de la
SeaChange Maritime Conservation Society (SeaChange). Le groupe
LTABC gère 28 fiducies foncières et 23 autres
organisations vouées à la conservation et à
la gouvernance du monde naturel. Ensemble, ces groupes protègent
et conservent des propriétés foncières
privées en les achetant ou par le biais de servitudes
et de conventions de conservation. Les terres protégées
incluent des forêts anciennes, des zones ripicoles,
des milieux humides, des fermes et ranches et des prairies.
En tout, ces groupes gèrent plus de 250,000 ha de propriétés
foncières privées en Colombie-Britannique. SeaChange
est un organisme sans but lucratif qui cible la conservation
des zostères (cartographie), la remise en état
et des programmes de sensibilisation pour réduire notre
impact sur les systèmes côtiers de la Colombie-Britannique.
C’est l’organisation clé à l’échelon
de la collectivité du BC Community Eelgrass Network.
SeaChange a connu un succès particulier dans le réaménagement
et la remise en état des systèmes dégradés
de zostères dans toutes les régions de la Colombie-Britannique.
Plus de quarante sites ont été identifiés
comme sites potentiels de remise en valeur uniquement dans
le bassin de Georgia.
Pour donner l’assurance aux participants à la
conférence que les projets choisis contribueront à
une réduction réelle des émissions de
carbone, les deux organisations ont accepté :
- De faire une étude préliminaire pour déterminer
si le projet réduira réellement les émissions
de gaz à effet de serre. Il s’agit d’une
additionalité qui, dans le cas de la LTABC, éviterait
les émissions en empêchant la conversion de
terres boisées à d’autres fins. La quantité
d’émissions évitées serait calculée,
et le taux de séquestration du carbone attribué
à la conservation servirait à calculer la
compensation. En ce qui concerne SeaChange, il s’agirait
du taux annuel de séquestration du carbone d’une
colonie de zostères remise en état divisé
par le taux du système dégradé d’origine,
c’est-à-dire l’importance de la réduction
d’émissions de carbone obtenue en conservant
l’habitat des zostères dans le cadre d’une
gouvernance active.
- D’évaluer la permanence du projet et donc
de sa capacité de compenser à long terme--c’est-à-dire
sa capacité de réduire les émissions
de gaz à effet de serre--ainsi que du potentiel de
régression à l’avenir. Dans le cas des
fiducies foncières, toutes les acquisitions de terres
ont pour but la conservation permanente de leur valeur,
et les servitudes et de conventions de conservation restent
en vigueur à perpétuité. Les régressions
éventuelles pour cause d’incendie et de maladie
seront atténuées en réduisant le risque
d’incendies et par le biais de pratiques de gestion
qui réduisent l’incidence de maladies sur le
long terme. La conservation et la remise en état
des colonies de zostères se feront sur le long terme
au moyen de campagnes de sensibilisation qui pourraient
changer la réglementation de l’exploitation
des terres à l’échelon local ainsi que
la réglementation de la navigation de plaisance,
de l’amarrage, et de l’établissement
des cartes des collectivités et des activités
de surveillance.
- D’établir les incertitudes clés tels
que la possibilité que des fuites causées
par les activités censées réduire les
émissions augmentent les émissions ailleurs.
Chaque projet recevant une aide financière devra
en tenir compte. Par exemple SeaChange suivra le travail
de remise en état des colonies de zostères
et les projets de compensation ou de mitigation séparément.
- D’assurer que les avantages découlant de
la gestion du carbone du projet sont surveillés et
vérifiés sur la durée. Pour les deux
organisations, les projets comporteront des obligations
de surveillance, de reddition de comptes et de suivi pour
assurer que la réduction des émissions continue
dans le long terme.
Il faudra établir clairement que les fonds sont destinés
à la conservation et à la remise en état.
Pour ce faire, les fonds générés par
cette initiative seront placés dans les comptes créés
à cette fin par LTABC et SeaChange où l’argent
s’accumulera et sera investi au fur et à mesure
dans des projets de remise en état des colonies de
zostère ou de conservation de la forêt littorale.
Comment y participer?
Si vous souhaitez profiter de cette opportunité, vous
devrez accomplir les démarches suivantes :
- Calculer votre équivalence en CO2 c’est-à-dire
les émissions de gaz carbonique reliées à
votre déplacement pour cette conférence ce
qui pourrait inclure l’aller-retour en avion, ou le
déplacement en auto ou par d’autres moyens
de transport (autobus, train, bateau). À titre d’exemple,
l’aller-retour Halifax-Vancouver fait environ 8900
km en avion et génère 1.95 tonnes de carbone.
Divers sites web offrent des calculateurs d’émissions
de carbone, notamment
http://www.terrapass.com/flight/flightcalc.php
pour l’avion ou
http://www.terrapass.com/road/carbon-emissions-calculator.php
pour l’auto.
- Indiquer sur votre fiche d’inscription que vous
souhaitez contribuer à notre programme de gestion
du carbone.
- Décider du pourcentage d’émissions
que vous voulez compenser (100%, 50%, etc.)
- Ajouter le montant de votre compensation à vos
frais d’inscription.
Coût
Calculé à partir du coût social actuel
des émissions de carbone sur les marchés mondiaux,
le coût est évalué entre $43 EU et $50
EU par tonne de carbone émise.
Œuvres de référence choisies
Wilson, S.J. and R.J. Hebda. 2008. Mitigating and Adapting
to Climate Change through the Conservation of Nature in British
Columbia. Land Trust Alliance of British Columbia, Salt Spring
Island. 58 p. disponible en ligne à www.landtrustalliance.bc.ca/research
Thom, R.M, S.L. Blanton, D.L. Woodruff, G.D. Williams and
A.B Borde, n.d. Carbon Sinks in Nearshore Marine Vegetated
Ecosystems. Pacific Northwest National Laboratory, Marine
Sciences Laboratory. Sequim, Washington, USA.
Hughes, Z. 2006. Ecological and Economic Assessment of Potential
Eelgrass Expansion at Sucia Island, Washington. University
of Washington.
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